Epistémologie,
philosophie
des sciences, histoire des sciences
Patrick Juignet, Philosciences, 2011.
Les termes de philosophie des sciences et
d’épistémologie n’ont
pas d'acceptions nettement différenciées qui soient
communément admises. Ils
concernent tous deux la manière dont les
connaissances scientifiques se
constituent.
Toutefois, on désigne plus
volontiers
par
épistémologie
la description et l’examen critique des procédés (théoriques et
pratiques) sur lesquels se fonde la
science.
Sont concernés les principes ontologiques (ce qui existe) et
gnoséologiques (manières de connaitre), ainsi que les formes
d’expérience et les techniques employées (aspects pragmatiques).
L’épistémologie s’efforce de formaliser les paradigmes
scientifiques
(principes généraux et méthodes admis). Elle peut se contenter de
les décrire ou proposer des évolutions et des améliorations.
La
philosophie
des sciences quant à
elle, cherche
à donner une vision générale de la science (sa
valeur, ses
méthodes au sens large, ses évolutions). Elle s'intéresse à
la vision du monde
produite par les sciences, à leur place et à leurs effets
dans la société, ainsi qu'aux problèmes
d’éthique qu'elles engendrent, directement ou indirectement.
L’histoire
des sciences, prend en compte
l’évolution au
cours du temps et les conditions sociales concrètes
d’avènement
ou de réfutation des théories scientifiques. Le cours
de cette histoire est complexe et l’historien
va s’efforcer de le restituer fidèlement en vérifiant
ses sources. L'histoire des sciences diffère des synthèses
épistémologiques qui "lissent" les évolutions en mettant
de côté les reculs et les impasses et qui négligent les
aspects biographiques.
Toutes ces démarches se
complètent, mais donnent aux travaux
des orientations distinctes et imposent des méthodes
différentes.