Philo Sciences
Philosophie des sciences
Spiritualisme, matérialisme : une sortie de l'alternative
Patrick
Juignet, Philosciences.com,
2010.
Certes, un recul de l'athéisme...
Citions Jean-Paul Baquiast (avril
2010), qui s'inquiète du recul de l'athéisme :
"On définira ici un athée comme une personne rejetant le dualisme
(lequel postule l'autonomie de l'âme ou de l'esprit par rapport au
corps) et plus généralement refusant de croire à l'existence d'esprits
immatériels pouvant agir sur le monde matériel. En 1950, le nombre
d'humains qui pouvaient se dire en pleine connaissance de cause athées
ou matérialistes (naturalist selon le terme anglais plus répandu) n'avait
pas fait l'objet d'enquêtes sérieuses. Nous pouvons évaluer très
grossièrement leur nombre à une centaine de millions ....
Le passage attendu de cette population à 9 milliards vers 2050
ne se traduira sans doute pas par une augmentation en proportion du
nombre des athées. Le poids relatif de ceux-ci ne cessera donc de
diminuer".
http://philoscience.over-blog.com/
C'est une inquiétude assez légitime, au vu de l'évolution sociale
et politique du
monde, qui provoque une montée en puissance du religieux et son
développement systématiquement organisé. Mais ce
n'est
pas de cela que nous voudrions parler. Ce qui a attiré notre
attention dans le propos de Baquiast, c'est une assimilation, abusive à
nos yeux, entre athéisme et
matérialisme ; comme si l'un allait obligatoirement avec l'autre. Or,
ce n'est pas le cas. On
peut être athée sans être matérialiste. Comment est-ce possible ?
Mais, il existe une voie alterne...
Il existe une
troisième voie philosophique, ni spiritualiste, ni
matérialiste. En effet, quoi qu'en disent les matérialistes,
l'existence d'une substance matérielle est une assertion métaphysique
indémontrable. Cette troisième voie, ni matérialiste, ni spiritualiste,
est rendue possible grâce à une conception du monde qui est possible si on évite la notion de substance.
En effet, dès l'instant ou l'on pense en terme de substance, on est
convoqué à
dire quelle est cette substance (et accessoirement combien il y en a).
Jusqu'à ce jour,
il n'y a eu que deux réponses : la substance matérielle ou la substance
spirituelle ou les deux (dualisme). On est donc contraint de choisir
entre
matérialisme et spiritualisme (ou dualisme).
Si l'on renonce à penser selon la notion de substance, un tel problème
disparaît ! C'est possible grâce à l'ontologie des niveaux
d'organisation que nous défendons. Elle suppose que
le monde soit organisé
selon une série de niveaux de complexité croissante, ayant chacun leurs
lois propres,
depuis le niveau physique jusqu’au niveau représentationnel, en
passant par le niveau
chimique et le niveau biologique. On se retrouve ainsi devant une
pluralité non conflictuelle qui n'impose aucun choix.
Dans ces conditions, si l'on refuse le spiritualisme et le
dualisme, il
n'est pas besoin de se déclarer matérialiste. On peut donc être athée
sans être matérialiste. C'est l'intérêt de la troisième voie. Elle ne
résoud pas le problème, elle permet de l'éviter en reprenant la
question ontologique sous une autre forme, plus satisfaisante au vue
des sciences contemporaines, mais aussi du point de vue philosophique .
Note : Le blog philoscience
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