Philo Sciences  Sciences de l'humain

Un changement de paradigme dans les sciences humaines

Patrick Juignet, Philosciences, 2012.

La conception épistémique que nous défendons offre une alternative à l'opposition classique entre matérialisme et idéalisme, en proposant une constitution du monde en termes niveaux d’organisation/intégration. Appliqué à l'homme elle permet de proposer un modèle  pour en expliquer les conduites modèles qui comporte une entité supplémentaire à celles connues que nous avons nommé le "mode-appareil cognitivo-représentationnel" .


PLAN DE L' ARTICLE




1/ Une conception de l'homme

L'individu

Nous ne nous intéressons pas à l'espèce mais aux individus. Notre étude concerne l'être humain comme un individu dans son environnement. Par individu nous signifions que chaque être humain se caractérise par une indivision relative. Pour chaque humain, il y a un degré d'unité de fermeture, de cohésion et d' homéostasie.

L'individu humain peut être considéré selon des degrés de complexité de son organisation. Nous nous limiterons aux quatre qui nous intéressent ici. Ce sont les modes d'organisation biologique, neurologique, neurosignalétique et représentationnel. Chaque mode est dépendant et en interrelation avec les autres. Cependant chacun est différents et possède une certaine autonomie.

Le modes d'organisation concernent les appareils identifiables au sein de l'individu et en particulier l'un d'entre eux qui est le système nerveux, dans sa partie la plus évoluée le cerveau. Pour constituer un modèle intéressant et pratique il faut discerner au sein de l'individu des entités intéressantes. Nous ne considérerons pas toutes les possibilités, mais seulement quatre d'entre elles en combinant un ou plusieurs appareils et des degrés d'organisation.

Cela nous conduit à considérer quatre mode-appareils  d'amplitude et de nature différentes. L'appareil  biosomatique qui regroupe l'ensemble des organes en les associant au modes d'organisation biologiques connus, car ici, nous les considérons en bloc. Puis nous individualisons le système nerveux central de l'homme en l'associant à trois modes d'organisation : neurophysiologique, informationnel (le traitement du signal) et enfin cognitivo-représentationnel (qui émerge du mode informationnel). Ce dernier forme ce que nous individualisons sous le terme de mode-appareil cognitivo-représentationnel, entité notée en abrégé M.A.C.R.

Notre modèle considère que les relations qu'entretient l'individu avec son environnement sont différentes selon ce qui au sein de l'individu est mis en jeu. Nous considérons quatre regroupements en mode/appareils, jugés pertinents car ils sont mis en jeu de manière identifiable dans les interactions humaines.

Nous distinguons quatre type d'interactions "horizontales" que nous figurons sur le schéma ci-dessous  :

Type 1 : La connaissance de l'environnement passe par le M.A.C.R. et produit des conduites pratiques et signifiantes.

Type  2 : Des indices influent sur l'appareil neuroinformationnel et produisent des comportements.

Type  3 : Les stimulations produisent des réponses en passant par l'appareil neurophysiologique.

Type  4 : Les conditions en jouant sur le biosomatique donnent des réactions.

Ces quatre types de circuit interactifs ne sont pas exclusifs, ils se cumulent et se complètent.

Un modèle simple



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Les quatre type de relations avec l'environnement selon les quatre modes organisationnels interactifs


schéma homme


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Les cercles concentriques  de notre schéma représentent la structuration se produisant au sein d'un degré de complexité, le tout étant rassemblé en un "appareil". Nous nommons l'ensemble regroupant de manière indissociable un appareil et un niveau d'organisation par le terme de "mode-appareil". Les cercles concentriques de notre schéma figurent des mode-appareils.

Le cercle central figure le mode-appareil cognitivo-représentionnel, comme ultime sophistication du mode d'organisation neurofonctionnel du cerveau humain.

Notons que ce schéma simplifié ne prend pas en compte les boucles interactives ni la dynamique interne à chaque mode.

Cette conception nous différencie du matérialisme qui ne veut considérer que les interactions de type 2 et 3 et des spiritualistes qui attribuent une substance au représentationnel, ce que sous-entend des interaction au-delà de l'environnement.

2/ Les interactions

- Interactions horizontales

Chaque mode est en interrelation avec les autres, cependant chacun est différent et possède une certaine autonomie. Les relations qu'entretient l'individu avec son environnement sont différentes selon le mode mis en jeu. C’est le point crucial de notre conception : distinguer chaque mode et voir quels sont les effets chacun tout en tenant compte qu’il y a aussi une interaction entre eux.

Nous distinguons donc des activités autonomes et des interactions environnementales de quatre types :

Type cognitivo-représentationnel : La connaissance de l'environnement (qui comprend aussi les autres humains et les formes signifiantes), passe par le M.A.C.R.,  y est traitée et produit des conduites et des formes signifiantes. Les interactions avec l’environnement passent par l’intégration et le conatif/présentatif dont nous négligeons le détail.  

Type informationnel : Des informations (Indices, signaux, situations) sont perçus, ils passent pour être traités par le niveau neurofonctionnel qui produit des comportements, des attitudes, etc..  Les schèmes neurofonctionnels sont issus d’apprentissages et font l’objet de remodelages permanents.

Type neurologique : Les stimulations produisent des réponses en passant par les systèmes neurobiologiques, par exemple les réflexes et les actes automatiques. Les systèmes neurobiologiques à l’œuvre sont innés ou éventuellement reprogrammés par apprentissage, les réponses sont automatiques.

Type biologique  : Les conditions concrètes environnementale provoquent des réactions par l’intermédiaire du niveau biologique. Par exemple la diminution en oxygène produit une hyperventilation. Le niveau biologique, quant à lui, donne directement des manifestations de par son fonctionnement propre qui sont celles de la vie.

Avec la description de ces types nous ne tenons pas compte des interactions "verticales" entre niveaux.

- Les interactions verticales

Il faut également tenir compte à la fois du passage d’un mode d’organisation à l’autre et des interactions entre l’appareil neurobiologique et le reste du biosomatique (que nous considérons en bloc). Les interactions se font entre entités contiguës et en cascade de proche en proche.

1/ interactions de contiguïté

- Entre le neurofonctionnel et le M.A.C.R. 

 Il y a d’une part une dépendance du second qui émerge du premier et, d’autre part, une double interaction. Dans un sens, celui des systèmes intégratifs, le neurofonctionnel forge les contenus et processus cognitivo-représentationnel et dans l’autre sens celui de l’effectuation (qu’elle soit présentative ou conative) il y a une transcription en mode neuroinformationnel (signalétique et chimique).

-Entre le neurologique et le neurofonctionnel

Le neurofonctionnel dépend du neurologique (des réseaux neuronaux, des neuromédiateurs, des systèmes précablés). Il en constitue le fonctionnement, mais en même temps s’autonomise au sens où le traitement de l’information a ses propres règles. En mode descendant, il envoie des commandes qui empruntent nécessairement le système neurologique.

- Entre le  neurologique et le biosomatique en général

Le neurologique commande les systèmes moteurs et végétatifs. Ceci est trop connu pour être développé.

2/ Les interactions en cascade :

- Descendante

Cette action est certaine et évidente puisqu’il faut passer par le biosomatique pour réaliser un acte quelconque commandé par une idée.

Le neurofonctionnel et le neurologique agissent constamment sur les régulations du tonus musculaire et sur le système neurovégétatif ayant ainsi des actions viscérales.

-Ascendante : du biosomatique au cognitivo-représentationnel

Ceci est plus obscur, mais on sait que, par voie montante, les dysfonctions biologiques d’origine purement somatiques provoquent des effets neurofonctionnels et représentationnels ( les maladies graves s’accompagnent d’idées de mort qui sont produites par le fonctionnent du représentionnel)

De plus il est probable que le biosomatique interagit avec le neurofonctionnel d'une manière qui et mal connue.

3/ Une illustration de cette conception

Quittons notre exposé sérieux pour faire un peu de science-fiction et imaginons un vaisseau spatial automatisé construit par des extraterrestres. Ce vaisseau, grossièrement sphérique, est constitué de plusieurs niveaux, allant du centre vers la périphérie, chaque niveau comporte plusieurs départements hiérarchisés et dévolus à des activités spécialisées.

La couche externe est la seule munie de portes. C’est par elle que se font les communications avec l’environnement. Elle a de multiples appareils de réception et d’effectuation. Elle possède des capteurs et radars d’exploration. Des petits robots sortent par les portes et reviennent une fois leurs missions effectuées. Cette première couche est constituée par des systèmes mécaniques et électriques sophistiqués. Elle comporte plusieurs services hiérarchisés et s’étend largement à l’intérieur du vaisseau dont elle permet le fonctionnement jusqu’au centre. C’est le niveau électromec.

En progressant vers l’intérieur, on rencontre la couche des ordinateurs, formée d’un ensemble d’ordinateurs perfectionnés de différents types, tous reliés entre eux Ils commandent les activités de la couche élecromec. C’est le niveau informat au sein duquel circulent des signaux digitaux et analogiques qui, en interagissant entre eux, forment le niveau signalec. Ces niveaux informat et signalec s’étendent de manière diffuse car, bien que concentrée au second étage, ils vont jusqu’aux capteurs et robots effecteurs. Une partie des ordinateurs  tourne à vide. Il n’en sort rien, car les signaux de ces ordinateurs sont envoyés à la couche la plus interne, la sphère centrale, pour êtres interprétés.

Dans cette sphère centrale règne le silence. Les signaux de la couche signalec s’assemblent en cogs qui interagissent entre eux pour former des agrégats autonomes. Des macroagrégats se forment et se distribuent dans plusieurs services pour être traités. Puis les services reforment des cogs qui, envoyés à la couche informat qui les retransforment en signaux. Le niveau cogorep  sert à interpréter, comprendre décider et diriger le vaisseau de manière intelligente.

Un jour, les humains ayant découvert cet étrange vaisseau ont voulu l’étudier.

De premier abord, on n'observe que la couche externe et les actions effectuées sur l’environnement par le vaisseau. Quelques behavioristes ont soutenu qu’il fallait limiter l’étude à cela, mais ils ont été vite  éliminés du programme de recherche, car la plupart des humains voulaient comprendre quels systèmes internes au vaisseau produisaient ce qu’on observe. On a donc dépêché une équipe pluridisciplinaire.

Pour le niveau électromec, on a demandé à des spécialistes en systèmes électriques et mécaniques. Pour le niveau informat et son mode signalec, on a envoyé des informaticiens ainsis que des spécialistes de la théorie de l’information et du traitement du signal. Pour le cœur cogorep deux écoles s’affrontent si bien que les travaux ont piétiné et sont resté sans succès. Celle des néocogniticiens, qui soutient que la couche cogorep existe et qu’elle a une autonomie. Celle des archéocogniticiens, qui veut se limiter aux couches électromec et informat, soutenant que l’intelligence du vaisseau n’est que leur manifestation.

Ce vaisseau est une métaphore du modèle que nous proposons de l’homme. Nous considérons l'être humain comme un individu évoluant dans son environnement, caractérisé par une unité une cohésion et une homéostasie. Comme le vaisseau, l'individu humain peut être considéré selon les degrés de complexité de son organisation. Ce sont les modes d'organisation biologique, neurologique, neurosignalétique et représentationnel. Nous admettons que chaque mode est à la fois indépendant et en interrelation avec les autres.
Pour constituer un modèle opératoire, il faut constituer des entités intéressantes. Nous ne considérerons pas toutes les possibilités, mais seulement quatre d'entre elles, en considérant que les modes d'organisation se structurent en des appareils efficients. Cela nous conduit à considérer quatre mode-appareils d'amplitude et de nature différentes. L'appareil  biosomatique qui regroupe l'ensemble des organes en tant qu’ils ont un mode d'organisation biologique. Puis nous individualisons le système nerveux central de l'homme en l'associant à deux modes d'organisation : neurophysiologique, et informationnel-signalétique. Enfin nous considérons le cœur cognitivo-représentationnel (qui émerge du mode informationnel). On aura reconnu les quatre couches de notre vaisseau spatial.

Maintenant imaginons un chercheur voulant étudier l’homme. De premier abord, il n’a accès qu’aux actions effectuées sur l’environnement par l’individu. Nous éliminons l’approche behavioriste, car nous savons qu’il est nécessaire comprendre les systèmes internes produisant ce qui est observable. Il existe déjà des spécialistes pour chacun des mode-appareils concernés. Pour l’appareil biosomatique il y a les biologistes et les médecins. Pour l’appareil neurologique, il y a les neurologues et neurophysiologistes. Pour le fonctionnement neurosignalétique la collaboration entre neurophysiologistes, informaticiens, spécialistes de la théorie de l’information et du traitement du signal, logiciens, a été instituée par le cognitivisme. Reste l’appareil cognitivo-représentationnel… Il faudrait pour le comprendre admettre qu’il existe et qu’on peut l’étudier selon une méthode appropriée (indépendamment de son support neurosignalétique puisqu’il a une existence autonome).

De plus, pour l’homme, il faut des spécialités mixtes, car un certain nombre de conduites proviennent d’un mélange inextricable entre niveaux. C’est le cas des conduites affectives et relationnelles. Cette approche mixte pourrait être faite par la psychiatrie et la psychanalyse. Puis une coopération avec l'anthropologie culturelle et la sociologie.

5/ La méthode  qui en découle

Nous avons là modèle dont l'utilisation peut être très large. Dans les sciences de l'homme divers objets d'étude peuvent être constitués par les relations horizontale de type représentationnel. Si on adopte un tel point de vue, il se produit un changement de fondement épistémique.

Le changement de fondement épistémique implique un changement de méthode dans les sciences de l'homme, car l'objet d'étude se modifie du fait du changement de l'assise ontologique. Les sciences humaine ne sont pas concernées au même titre par tous les modes et tous les types d'interaction environnementales, mais principalement par le niveau représentationnel qui permet le type d'interaction représentationnelle. Nous allons donc considérer cet aspect de manière privilégiée.

Faisons un bref rappel. Le niveau cognitivo-représentationnel naît du fonctionnement neurosignalétique, par un degré supplémentaire de complexification, permettant un saut qualitatif dans les propriétés. Ses composants se forment au moment où les éléments codés du signal neurobiologique se mettent en relation par auto-organisation. Il se forge alors des entités autonomes, possédant des qualités qui leur sont propres.

Le M.A.C.R.  est considéré comme ce qui génère d'une part des conduites et, d'autre part, l'ensemble des aspects de type verbal, imagé, et autres, soit toutes les formes signifiantes propres à l'espèce humaine. Ces derniers aspects sont soit mentaux subjectifs, soit concrets objectivés. Ils sont produits par divers systèmes présentatifs que nous détaillerons ultérieurement. Ils sont, a rebours, actifs sur le M.A.C.R. , à condition d'être repris au travers de systèmes intégratifs. Le même raisonnement est valable pour les conduites générées par le M.A.C.R. via les systèmes conatifs. Nous séparons les conduites des produits du M.A.C.R., bien qu'il soient nécessairement actualisés dans des conduites, car ces derniers ont un statut particuliers.

À quoi avons nous accès d'un point de vue empirique? Uniquement aux produits (les formes signifiantes concrètes) et aux conduites. Les uns et les autres, grâce à la méthode appropriée, vont constituer les faits du domaine d'étude. La seule manière d'être scientifique est de partir de faits avérés contrôlables et transmissibles à la communauté scientifique. La méthode proposée rentre dans ce cadre.

Une fois les faits construits par la bonne pragmatique et regroupés en un champ empirique cohérent, il convient de de théoriser les processus et systèmes représentationnels à l'œuvre. Certaines disciplines comme la psychologie cognitive s'intéressent aux systèmes présentatifs et intégratifs et conatifs. Mais un certain nombre peuvent les négliger à juste titre, car ce sont les systèmes  "centraux" du M.A.C.R. qui déterminent les faits en dernier ressort.

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Le schéma suivant illustre les principes proposés. Le M.A.C.R. est noté Représentationnel 

schema paradigme


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Le nouveau socle épistémique proposé permet une certaine unification, mais il y a des différences majeures d'un domaine à l'autre, car il a plusieurs zones d'émergence du représentationnel. Il est probable que la différenciation des sciences de l'homme, qui s'est constituée historiquement, correspond à ces différences.

Nous partons donc du principe que par leurs méthodes propres, les sciences de l'homme existantes construisent des faits en rapport avec les systèmes cognitivo-représentationnels qui se manifestent dans les différents aspects de la vie humaine : langage, ordonnancement du monde, capacités cognitives et conatives, conduite affectives et relationnelles, stratégies sociales, etc.

Les aspects gnoséologiques de ces diverses connaissances ne sont pas directement touchés, car ils dépendent de chaque domaine et d'autres considérations. Cependant il est assez probable qu'ils demandent une approche holistique et une théorisation de types systémique, car les faits humains ne sont jamais isolables et les aspect représentationnels sont toujours complexes.

Le très vaste ensemble de aspects notés : pensée, intentions, intelligence, symbolisme, symbolique, cognition, procédural, représentation, idée, esprit, etc., sont supposés être produits par le M.A.C.R. (noté R dans le schéma suivant) ce qui conduit à différencier des processus présentatifs, intégratifs, et conatifs, qui sont ses intermédiaires avec le concret. Ce sont eux qui produisent les faits qui nous permettent de modéliser les divers systèmes et processus appartenant au M.A.C.R. .

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Schéma simplifié d'un individu dans son environnement du point de vue de notre paradigme. Le schéma néglige les boucles interactives et se limite au mode représentationnel, considéré comme prépondérant.

paradigme2

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Ceci a des conséquences très générales. La plupart des activités humaines peuvent être catégorisées soit comme une forme signifiante constituée via le présentatif, soit comme une conduite constituée via le conatif. La spécificité humaine est constituée les intenses et constantes interactions entre les mode-appareils  cognitivo-représentationnels de chaque individu, via les diverses formes signifiantes utilisées par l'humanité (langage conventionnel ou symbolique, qu'il soit verbal, écrit, gestuel, rituel, schématique,  corporel, imagé, musical, etc.) et les conduites dont on perçoit qu'elles sont gouvernées par une finalité. C'est ce qui centre notre conception anthropologique. 

Conclusion : un changement de paradigme

Tout cela revient quasiment à un changement de paradigme dans les sciences de l'homme, car nous proposons à la fois un nouveau socle ontologique, une modification de l'objet d'étude et un changement de méthode.

Notre modèle est un modèle de l'individu humain. Ce modèle est composé d'entités constituées par la structuration se produisant au sein d'un degré de complexité. Nous considérons de manière croisée un ensemble structuré et un niveaux d'organisation, le tout étant rassemblé en un "appareil". Cet ensemble regroupant de manière indissociable un appareil et un niveau d'organisation est nommé "mode-appareil".

Les cercles concentriques de notre schéma figurent des mode-appareils et le dernier, le plus au centre, figure le mode-appareil cognitivo-représentionnel, comme ultime sophistication de l'appareil neurologique. C'est l'émergence d'un mode d'organisation de complexité supérieure au mode d'organisation neurofonctionnel du cerveau humain qui donne sa spécificité à l'homme.


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