Philo Sciences
philosophie
des sciences
Théorie de l'information quantique
Patrick Juignet, Philosciences.com, 2010.
C'est la théorie qui permet l’utilisation des spécificités de la
physique quantique pour le traitement et la transmission de signaux
correspondant à des valeur numériques (information au sens informatique).
La possibilité en a été ouverte début des année 1980, par la
possibilité technique de manipuler et d’observer des objets quantiques
individuels : photons, atomes, ions etc., (et pas seulement d’agir sur
le comportement quantique collectif d’un grand nombre de tels objets).
Le bit de l’informatique classique prend les valeurs 0 ou 1. Le bit
quantique, ou qubit, pourra non seulement prendre les valeurs 0 et 1,
mais aussi, toutes les valeurs intermédiaires. Cela est dû à une
propriété fondamentale des états quantiques : on peut fabriquer des
superpositions linéaires de ces états, en superposant linéairement un
état où le qu-bit a la valeur 0 et un état où il a la valeur 1.
La seconde propriété à la base de l’informatique quantique est l’intrication : en mécanique quantique, il peut arriver que
deux objets distincts et éloignés l’un de l’autre, constituent une entité
unique.(car une modification de l'un affecte instantanément le second).
La combinaison de ces deux propriétés, superposition linéaire et
intrication, est au cœur du parallélisme quantique, la possibilité
d’effectuer en parallèle un grand nombre d’opérations. Cependant, le
parallélisme quantique diffèrent fondamentalement du parallélisme
classique : alors que dans un ordinateur classique on
peut toujours savoir (au moins en théorie) quel est l’état interne de
l’ordinateur, une telle connaissance est par principe exclue dans un
ordinateur quantique.
Le parallélisme quantique demande le développement d’algorithmes
entièrement nouveaux. Le nombre d’algorithmes existant est pour
l’instant très limité. La seconde limite est que l’on ne sait pas s’il
sera possible de construire un jour des ordinateurs quantiques de
taille suffisante. On ne sait pas à l’heure actuelle (2010) manipuler quelques qu-bits (sept au
maximum)
L’ennemi de l’ordinateur quantique est la décohérence,
l’interaction du support (photon, ion) des qu-bits avec l’environnement qui brouille les
délicates superpositions linéaires. Cette décohérence introduit des
erreurs, et idéalement, il faudrait que l’ordinateur quantique soit
parfaitement isolé de son environnement.