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Actualité des idées

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Un collectif de chercheurs français a publié dans Le Monde du 15/02/2017 une tribune inquiète.

Voici un extrait : 

 Depuis le 20 janvier et l’investiture de Donald Trump, chaque jour apporte son lot d’annonces fracassantes et de décrets liberticides. Les sciences, et plus généralement le monde académique, font partie des premières cibles de la nouvelle administration. Une hostilité idéologique à l’égard des sciences s’exprime désormais dans la doctrine officielle de la Maison Blanche.

 

Dès ses premiers jours de fonction, le président Trump a cherché à contrôler les programmes de recherche susceptibles de recevoir des crédits fédéraux et a restreint la diffusion des résultats de grandes agences fédérales, comme l’Agence pour la protection de l’environnement (EPA), à la tête de laquelle a été placé un climatosceptique proche des lobbies de l’énergie.

 

Pourquoi Trump cible-t-il ainsi le monde universitaire et la recherche ? Pour la même raison qu’il cible le journalisme d’investigation : les scientifiques comme les journalistes utilisent une méthode basée sur la collecte, la vérification et l’analyse des faits. Impossible pour eux de souscrire à la fabrication pure et simple et à l’utilisation de pseudo-faits (« alternative facts ») et de « post-vérités » pour donner crédit à des positions idéologiques favorisant les grands lobbies industriels ou religieux sur des sujets aussi divers que le changement climatique, la vaccination, l’économie, le port d’arme, l’interruption de grossesse, les mouvements migratoires ou les relations internationales…

 


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/02/15/marchons-le-22-avril-pour-signifier-l-immense-danger-que-represente-la-mise-au-pas-des-sciences_5080007_3232.html#RpVSWbRDKmoMfp7Q.99

 

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Le langage véhicule toujours du sens et lorsqu'il se vide de son sens, l'ensemble du discours véhicule encore un sens implicite, celui de vide, d'absurdité, de mensonge, de platitude, de fausseté, de duperie, etc.

 

Le terme de réseau social est quelque peu trompeur. Il s’agit en vérité de systèmes informatiques mis en place par des entreprises à but lucratif, donnant la possibilité, à ceux qui s’y abonnent, de déposer ou voir des contenus et d'échanger des messages.

Comme nous sommes sur Philosophie, science et société, nous parlerons d’abord de Academia.edu. Ce système appartient à l'entreprise Academia dont le siège est à San Francisco. Le site a un nom de domaine en ".edu", alors qu'il n'est pas une institution éducative.

L’utilisateur, pour participer, doit accorder une licence mondiale, irrévocable et sans dédommagement à Academia pour utiliser, copier, adapter, vendre, diffuser, utiliser à des fins publicitaires, tout ce qu’il met sur son profil et tout ce qui est recueilli par les traces de connexions.

Je cite :

Subject to your compliance with the terms and conditions of these Terms, Academia.edu authorizes you to download, view and print any Academia.edu Content, solely for your personal and non-commercial purposes, and to access and use the Site and Services, including to download, view and print any Member Content solely for your personal and non-commercial purposes, and subject to the restrictions set forth in these Terms. You have no right to sublicense the license rights granted in this section.

You will not use, copy, adapt, modify, prepare derivative works based upon, distribute, license, sell, transfer, publicly display, publicly perform, transmit, stream, broadcast or otherwise exploit the Site, Services or Collective Content, except as expressly permitted in these Terms. No licenses or rights are granted to you by implication or otherwise under any intellectual property rights owned or controlled by Academia.edu or its licensors, except for the licenses and rights expressly granted in these Terms.

L’entreprise monnaye les informations qu'elle recueille ainsi. Mais pas seulement. Academia.edu a prévu, selon son PDG Richard Price, de générer des profits en vendant aux entreprises les tendances à suivre en recherche et développement, tendances dégagées grâce à l’analyse des données stockées dans Academia.edu (Source : Scientic American : « Interview with Richard Price, Academia.edu CEO » ) https://blogs.scientificamerican.com/information-culture/interview-with-richard-price-academia-edu-ceo/

Passons maintenant à Facebook. Facebook est le plus gros réseau populaire existant en 2017. Il fonctionne selon le même principe. Le système utilise le profil et les traces de connexions pour les monnayer. De plus, la licence donne la propriété des contenus à Facebook.

Je cite :

Conformément à vos paramètres de confidentialité et des applications : vous nous accordez une licence non exclusive, transférable, sous-licenciable, sans redevance et mondiale pour l’utilisation des contenus de propriété intellectuelle que vous publiez sur Facebook ou en relation avec Facebook (licence de propriété intellectuelle).

L’entreprise Facebook a déclaré 1,86 milliard d’utilisateurs actifs mensuels en 2016. Ses résultats financiers sont les suivants : Chiffre d’affaires annuel, 27,64 milliards de dollars et bénéfice annuel, 10,2 milliards de dollars pour 2016.

Dans ces prétendus « réseaux sociaux », que se passe-t-il ? En contrepartie du moyen technique d'échange qui lui est prêté, l'usager génère des contenus et des services gratuitement. Est-ce un marché équitable ? Bien sûr que non. L’avantage tiré de la communication avec ses correspondants qui bénéficie à l’usager est sans commune mesure avec la puissance socio-économique conférée aux propriétaires du système.

L’utilisateur moyen est généralement enfermé dans un cercle clos d’amis, ou de relations, ou de suiveurs (selon la plateforme utilisée), qui ne dépasse pas quelques centaines de personnes. Il ne touche pas un sous et dépense beaucoup de temps à nourrir le système, tout en subissant la publicité ciblée qui lui est adressée. Seuls quelques gros médias, artistes de renom, ou partis politiques, et aussi les "usines à trolls"*, arrivent à tirer partie du système, en ayant une masse d’abonnés et un nombre d'interventions conséquents, mais c'est au prix de nombreuses heures de travail pour entretenir la clientèle.

* Officines spécialisées dans la désinformation utilisant des employés humains, mais surtout des robots intervenant de manière automatique dans les "réseaux sociaux" pour manipuler l'opinion.