Acadmie royale 1667

 

L'actualité en histoire des idées et philosophie des sciences

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SOCIÉTÉ ET POLITIQUE

L'anomie ou la perte des repères sociaux

emileLa notion d'anomie, forgée par le sociologue Émile Durkheim, désigne la situation difficile des individus qui survient lorsque les règles sociales sont incompatibles entre elles ou qu'elles sont minées par les changements économiques et idéologiques.

Durkheim considère l'anomie comme une pathologie d'origine sociale (De la division du travail social  et le Suicide). Cette idée de pathologie sociale est importante ; elle contraste avec le relativisme que l'on a vu se développer ensuite en sociologie. Le terme de pathologie note quelque chose de défavorable, qui produit une souffrance individuelle. Lorsque les sociétés évoluent, le changement provoque des troubles dont souffrent les hommes. Cette souffrance anomique vient de l'absence de règles communément admises si bien que les liens qui rattachent l’individu à la société se désagrègent. Durkheim voit comme cause d'anomie à la fin du XIXe siècle un développement techno-économique trop rapide pour que la société s'adapte.

De nos jour, du fait de la mondialisation de l'économisme ambiant, on assiste à un changement du type décrit par Durkheim. On constate à la fois un brouillage idéologique, un changement de mœurs et un recul des valeurs admises, qui conduisent à une relative déstabilisation de l'ordre social : les lois et les règles en cours, le système politique, ne semblent plus garantir la régulation sociale. On peut aussi parler de vide idéologique, symptôme de la post-modernité qui a été identifié, entre autres, par Gilles Lipovetsky qui décrit en 1983 « l’ère du vide » (voir l' Entretien avec Dany Robert Dufour). De nos jours, l'absence de réponse politique face à de la montée des antagonismes religieux laisse les populations perplexes.

Le terme d'anomie est peu connu, mais il parait bien adapté aux dérèglements qui nous touchent actuellement. Actuellement, le vide idéologique et le brouillage des repères, bref l'anomie, ouvrent la porte aux idéologies simplistes et extrèmistes. De fait, nous les voyons prendre de l'ampleur en ce début de XXIe siècle.

  La face cachée des cellules

 

Parution  : La face cachée des cellules (Quand le monde des ARN bouscule la biologie) De Frédérique Théry, 296 pages, 16,4 x 24 cm, Editions Matériologiques, Collection Science et Philosophie, 21 €, Préface de François Gros de l’Académie des Sciences.

Au début des années 2000, la conception des génomes comme des machines à produire des protéines a été rendue caduque par la découverte inattendue dans les cellules d’une myriade d’ARN non traduits en protéines: les ARN non codants. Les recherches sur ces ARN, qui assurent des fonctions régulatrices majeures au sein des cellules, ont profondément modifié la représentation que les biologistes se font des propriétés de l’ADN et des processus cellulaires. Cet ouvrage se propose de retracer l’histoire, tant fascinante que complexe, des travaux qui ont mis en lumière le rôle régulateur des ARN.

Au-delà de cette perspective historique, l’auteur poursuit un projet plus ambitieux: celui de montrer que l’étude des ARN non codants accompagne, voire catalyse, certaines transformations théoriques, conceptuelles et épistémologiques majeures affectant la biologie moléculaire contemporaine. Outre qu’elle a conduit à réviser et étendre les fondements théoriques sous-tendant de nombreux champs disciplinaires, l’existence de ces ARN invite à repenser la pertinence et l’importance du concept de gène, ainsi que celui d’information, dans les théories biologiques. Les recherches sur les ARN non codants apportent par ailleurs un éclairage original sur l’évolution des démarches d’investigation et des pratiques explicatives mises en œuvre dans la biologie post-génomique. Autant de questions abordées qui intéresseront tout lecteur désireux de porter un regard novateur sur la biologie moléculaire contemporaine.

  Préface de François Gros, de l'Académie des sciences

http://materiologiques.com/sciences-philosophie-2275-9948/228-la-face-cachee-des-cellules-quand-le-monde-des-arn-bouscule-la-biologie-9782373610628.html

 

Frédérique Théry a écrit dans Philosophie, science et société : Le concept de mécanisme en biologie

 

Master Histoire des Sciences, Techniques , Sociétés  à l'Ehess

 

Les inscriptions au Master Histoire des Sciences, Techniques , Sociétés  à l'Ehess sont ouverte en cette mi juin 2016, tant au niveau M1 qu'au niveau M2 :
http://koyre.ehess.fr/index.php?925

Outre la transmission de cette information, le contenu du master nous a semblé intéressant à noter, car il montre quelque chose de nouveau dans la manière d'aborder la science : une pluralité volontaire et assumée qui semble marquer notre époque contemporaine.

Perspective générale du Master :

Les études sur les sciences et techniques ont connu de profonds développements depuis une quarantaine d'années. Ceux-ci ont affecté la façon dont historiens et philosophes interrogent tant la production des savoirs que ses contextes. Ils ont conduit tant à des ouvertures fructueuses avec les différentes formes d’histoire (sociale, culturelle, micro-histoire, histoire globale) qu’à des rencontres avec les sciences sociales (sociologie, anthropologie, études de genre, économie).

Ce master propose une formation à l’ensemble de ces approches. Il vise à inscrire l’étude des sciences dans une perspective large, au croisement de l’histoire et des sciences sociales.

Il s’agit donc de penser les sciences et les savoirs dans leurs modes d’existence sociaux et historiques, ce qui conduit notamment à :

  • confronter les différentes approches des sciences.
  • exposer les dynamiques d’élaboration et d’usage des savoirs dans une perspective qui varie.
  • présenter les interrogations relatives aux sciences et aux choix technologiques contemporains, qui constituent une dimension essentielle du gouvernement des sociétés.
  • assurer aux étudiants un travail collectif sur les sources, les méthodes et les outils de recherche, ainsi qu'un  suivi personnalisé des parcours.

La mention dispense donc des enseignements en histoire des sciences, histoire des techniques et études sociales des sciences.

Ceux-ci concernent une grande variété de domaines (des sciences de l’homme aux mathématiques), de périodes (de l’Antiquité au temps présent) ou de thèmes (des formes de visualisation à l’expertise en passant par les rapports à l’économie ou au droit).

La formation associe séminaires introductifs et séminaires de recherche spécialisés. Elle comprend :

  • des enseignements d’histoire des sciences et des techniques par grande période historique.
  • des enseignements sur les différentes formes de savoirs et de pratiques savantes – sciences formelles, sciences physiques, sciences de la vie, médecine, sciences humaines, techniques et technologies
  • des enseignements sur la place des savoirs dans les mondialisations successives, du XVIe siècle à nos jours et sur les traditions savantes en dehors de l’Europe.
  • des enseignements sur les sciences et les techniques en société, la place des régulations économiques et politiques, l’expertise, le débat public.

Du fait de cette diversité, la mention permet aux étudiants de réaliser des parcours thématiques assez variés qui peuvent porter sur une période (par exemple sur la première moderne ou le XIXe siècle), un domaine (par exemple sur les techniques ou sur les savoirs de la santé et de la maladie) ou sur une thématique (par exemple le rapport entre sciences et religion).