Toute les cultures, à chaque moment de leur
évolution imposent une conception de l’être humain, une
anthropologie. Celle-ci est centrale, car
fondatrice de l’identité collective et elle est généralement défendue
avec âpreté. Spontanément reprise par chacun,
elle est
à la fois explicite et implicite.
À côté d’elle il existe une anthropologie savante qui prend deux formes, philosophique et scientifique. L’anthropologie scientifique s’est majoritairement orientée vers l’étude des organisations socioculturelles. L'anthropologie philosophique cherche à donner une vision synthétique de l'homme, et tente de formuler, comme le disait Kant, une connaissance de l'homme systématique. Elle comporte un volet éthique et politique.
Une nouvelle anthropologie philosophique a vu le jour en Allemagne
dans les années 1920 et 1930. Le fondement de sa
démarche fut de mettre à profit les enseignements des sciences de la
nature et des sciences
de l'homme pour tenter de cerner les caractéristiques de
l’espèce
humaine et sa position spécifique dans le monde.
Si l'homme fait partie du monde, il est possible de le comprendre dans les termes qui permettent de comprendre le monde. Nous considérons que le monde est constitué par des niveaux d’organisation/intégration. Cette théorie suppose que le monde est organisé selon une série de niveaux de complexité croissante ayant chacun leurs lois propres, depuis le niveau physique jusqu’au biologique, en passant par le niveau chimique.
On peut considérer que l'homme est composé de tous les niveaux, physique, chimique et biologique. Mais de plus, on doit supposer un mode d’organisation spécifique à l’homme, émergeant de l’organisation neurobiologique, nommé niveau représentationnel. C'est à elle que l'on doit les capacités symboliques, d’intelligence, de langage, de communication, propres à l'homme.
Cette spécificité se manifeste
dans la culture, les règles de
conduites, l’organisation sociale, la transmission du savoir. À
titre
individuel l’homme est capable de conduites finalisées, tout en
ayant
conscience de lui et du monde. Ceci implique des capacités
spéciales :
capacité de penser et d’utiliser des langages
diversifiés, capacité à
communiquer et à transmettre sa pensée.
Dans l’expérience spontanée
que nous en avons, ce domaine
est lié au sens, à la signification, à la
pensée, aux idées, à
l’intentionnalité, à la volonté, à la
conscience. Cette perception intuitive a
fait l’objet de conceptions diverses. La philosophie, tout au long de
son
histoire en a donné des interprétations de deux
types : spiritualiste ou
matérialiste. Nous en donnons une autre, toute
différente : une
interprétation par le champ
représentationnel.