La manière dont on organise
l’expérience scientifique est
souvent nommée méthode. Le terme est intéressant
car il indique une procédure à
suivre. Il a aussi un sens beaucoup plus vaste qui dépasse
les manières de
faire pratiques et s’étend aux principes gnoséologiques. Nous
garderons cette acception
générale et emploierons le terme de pragmatique pour
désigner la manière dont
l’expérience pratique est organisée dans les sciences.
La pragmatique est l’ensemble
des
procédés, y compris techniques,
qui permettent de conduire une expérience réglée,
destinée à mettre en rapport
la théorie et les faits. Cette expérience, pour
être scientifique, doit être
explicitée sans ambiguïté ce qui la rend
reproductible. Ses résultats sont par
conséquent transmissibles et constatables par toute la
communauté scientifique.
Ceci implique un ensemble des moyens et des procédures mis en
oeuvre de façon
précise (méthodique).
La finalité du procédé
est de diriger l’expérience de façon
à organiser une confrontation à l’existant. C’est le
coeur de la scientificité
que d’accepter cette confrontation. Elle viendra infirmer ou confirmer
les
théorisations. L’expérience spontanée y est
inapte. Elle peut
en effet être illusoire, construire une réalité
arrangée ou
insuffisante. La pragmatique scientifique est faite pour éviter ces
erreurs
et surseoir aux
insuffisances de l’expérience ordinaire.
Au total, la pragmatique
scientifique a pour but de
produire des faits
présentant des caractéristiques
qui les
rendent digne de foi. Ces faits doivent être assurés,
descriptibles et, répétables (fiables), et ils doivent
avoir un lien direct et démontré avec la
théorie. Ils doivent être
évaluables qualitativement ou mieux quantitativement
(mesurables). Cela demande
une mise en œuvre réglée des concepts par la technique.