Le terme de mythe n’est en rien péjoratif. Nous l’employons au sens d’une conception cosmologique partagée au sein d'une culture. Le mythe traditionnel nous parle des origines du monde, de son devenir, de la place de l’homme, selon une formulation commune donnant une adhésion collective. Ce récit entraîne une adhésion croyante qu’il est difficile de remettre en cause. Le mythe scientifique fait la même chose à partir des sciences.
À la différence du mythe traditionnel, le mythe scientifique n’est pas gouverné par l’imaginaire ou par des structures logiques internes, mais appuyé sur les connaissances positives. Mais, comme dans le mythe traditionnel, cette conception entraîne une croyance qu’il est difficile de remettre en cause. À la différence du mythe traditionnel le mythe scientifique est appuyé sur les connaissances validées par les sciences.
Le mythe scientifique d’une époque traverse toute la connaissance et imprègne la culture. Comme le mythe traditionnel, le mythe scientifique opère une synthèse très large qui, de par sa généralité, n’est pas prouvable. Il propose une conception d’ensemble concernant l’origine et la nature du monde, son organisation, la place de l’homme, celle de la nature, le rôle de la connaissance.
Du point de vue social, le mythe scientifique donne une place et un rôle aux officiants du mythe, les savants, les chercheurs. Le mythe scientifique n’est pas anecdotique, il a une efficacité pratique en ce qu’il soutient et oriente la recherche scientifique. Il lui donne une place sociale et culturelle, il permet une adhésion individuelle et collective à la science, il cimente le groupe social.
Nous distinguons les mythes ésotériques (internes à la science) et les mythes exotériques (externes). Ces derniers sont une vulgarisation de la science, alors que les premiers gouvernent la pratique de la science. Les deux souvent se mélangent.