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Ontologie

Patrick Juignet, Philosciences.com, 2009

Du grec ontos qui s'ignifie étant et logos qui signifie discours.  Il s'agit donc d'un discours sur ce qui existe en général. Nous défendons l'idée d'une ontologie non métaphysique, c'est à dire d'une conceptualisation rationnelle  fondée sur l'expérience, concernant la constitution du monde.



1/ Définition

L'ontologie concerne l'existence du monde. Si par un jugement, nous affirmons du monde qu’il existe, ce jugement d’existence peut être appliqué à deux types d’entités : 1/ La réalité phénoménale, celle des faits empiriques donnés par notre expérience.   2/ Le monde en dehors de nous (en soi) dont les faits sont la manifestation.

Le premier mode d’existence (empirique) est relatif à notre expérience. Le second mode d’existence (ontologique) est relatif à notre conceptualisation et il est supposé à partir du premier.  L’ontologie porte sur ce second mode d'existence.

2/ Que pouvons nous connaître sur le plan ontologique ?  

La connaissance ontologique est nécessairement indirecte et hypothétique. On ne peut légitimement se prononcer directement sur le monde, car il ne nous apparaît que selon le premier mode d’existence (empirique). Il faut passer par l’intermédiaire des connaissances empiriques solides et vérifiées, c'est à dire scientifiques, pour s'avancer de manière abstraite, vers ce qui est.

Pour cette raison que la seule ontologie valide est une ontologie qui n'est pas métaphysique. Il n'y a aucun jugement synthétique a priori sur le monde qui soit acceptable. L'ontologie ne peut se farie qu' a postériori,  à partir des connaissances scientifiques par une organisation synthétique. Elle est sujette à révisions avec l'avancée des connaissances.

3/ Notre position

Dans ce cadre précis, nous défendons une ontologie pluraliste explicitée sous le concept d’organisation. Cela signifie que ce qui fonde l’existence est l’organisation elle-même ou, autrement dit, que la constitution du monde est son organisation. Nous excluons l'idée de substance, car, d’une part elle est obscure et, d’autre part, elle conduit à des conséquences insatisfaisantes comme le dualisme ou la recherche de l’élément ultime (voir la définition de substance).

Explicitons notre position. Nous posons qu'il existe dans le monde divers niveaux ou modes d’organisation/intégration de complexité croissante. Les composants des niveaux supérieurs sont formés par l’organisation des constituants des niveaux inférieurs.

Chaque constituant est lui-même un ensemble organisé. Au vu de la physique contemporaine ,il semble qu'il soit illusoire de vouloir poser un élément ultime qui serait non organisationnel.

Selon les connaissances scientifiques actuelles on peut les regrouper en quatre types : niveau physique, niveau chimique, niveau biologique et niveau représentationnel. L'ensemble et hiérarchisé, les niveaux premiers étant nécessaires aux suivants, mais pas l’inverse. Selon le point de vue holistique, les niveaux supérieurs créent du nouveau par rapport aux inférieurs et sont dit émergents. Les derniers niveaux, les plus complexes, n'existent qu'au sein du vivant.

Haut de page         voir aussi : Niveaux régions modes d'organisation