Si la clinique permet d’établir des
faits, la théorie
cherche à en donner une explication rationnelle. Cette explication,
dans le
champ de la psychanalyse, se synthétise en un modèle que l’on appelle
généralement la structure psychique.
De quoi ce modèle rend-t-il compte ? Il y a deux réponses possibles, de rien si l’on prend une posture opérationnaliste stricte, de quelque chose si l’on prend une posture réaliste. Notre position est nuancée car, si la première réponse est scientifiquement acceptable probablement la plus justifiée, elle est quelque peu insatisfaisante. Le psychisme générant les conduites et symptômes, il est difficile de le considérer comme une entité ontologiquement inexistante.
Quant à la deuxième réponse, elle
impose de définir l’entité
désignée, mais on tombe alors sur une difficulté. Freud
est toujours resté flou sur la nature du psychisme. Ce n'est pas sans
raison. Il y a un obstacle majeur à cette définition, c'est que le
psychisme est une
entité de nature mixte.
En effet, une fois que l'on a désigné le psychisme si on s'interroge sur ce qui peut bien former cette entité, on s'aperçoit que les aspects correspondants identifiables dans la complexification du système nerveux de l'homme sont à la fois neurobiologiques, neurosignalétiques et cognitivo-représentationnels. C’est donc une entité qui, sur le plan ontologique, est fondamentalement mixte. Le psychisme est un ensemble composite à plusieurs niveaux de complexité. La désignation à partir des faits cliniques trace le contour d’une entité non homogène.
Pour ces raisons, nous sommes conduits à une étrange position épistémologique, un compromis entre opérationalisme et réalisme. Ce qui est désigné a bien une certaine existence, mais on ne peut en définir exactement la nature car cette entité, qui a d’abord une valeur opérationnelle, est mixte à la fois biologique et représentationnelle.